Samedi 20 février 2010
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Les débuts de l'histoire du Jazz - On doit la naissance du Jazz à l’esclavage. Cette longue histoire
débute en 1619 avec l’arrivée de 14 premiers Africains amenés à Jamestown par des Hollandais, importés de la Côte d’Or, pays situé dans le centre et Nord ouest de l’Afrique, c'est-à-dire (Benin,
Togo, Côte d’ivoire Ghana, Sénégal et Guinée, Sierra Leone.) Ceci dit , tous ces pays dirigés par des chefs de tribus peu scrupuleux et peu soucieux du sort de leurs congénères qui les mettent en
vente pour le prix de pacotilles, de tabac et d’alcool à des navigateurs pirates, marchands et
souvent militaires. A la même époque, les colonies Américaines font venir des femmes depuis l’Europe par centaines à condition de leur payer leur voyage, le pays se développe et la main-d’œuvre y est nécessaire, à tel point que les Indiens ne suffisent plus. L’arrivage de ces Africains est une providence.
Ce premier lot d’esclaves est acheté par le célèbre Capitaine Smith un sujet de sa Gracieuse majesté Jacques 1er. Ce fut un
des premiers Anglais qui, treize ans avant les pèlerins du Mayflower, s’emparèrent
d’un morceau d’Amérique du Nord auquel ils donnèrent le nom de Virginie. Le capitaine Smith pour ceux qui le connaissent et plus connu comme colon, explorateur et cartographe, que comme amateur
de musique. Et ces 14 athlètes à la peau sombre et aux dents éclatantes et pour lui une aubaine.
Ces pauvres gens seront suivis de beaucoup d’autres: cent mille dans la seule année de 1781 et
plus de trois cent mille jusqu’en 1808, date à laquelle la traite des noirs fut supprimée par la loi fédérale. Malgré la loi le Capitaine Français Jean Lafitte impliqué dans la bataille de
la Nouvelle Orléans, s’adonna à la traite des noirs qui lui rapporta beaucoup, il accumula un trésor que l’on recherche toujours dans les bayous. La population noire américaine compte de nos
jours plus de 30 millions d’habitants.
Le Pirate des Caraibes
( Cliquez sur la musique )
Traités comme des animaux
On sait ce que furent la traite et l’esclavage. Les Noirs étaient raflés notamment sur la Gold coast Africaine où Louis Armstrong, lorsqu’il la visita put chercher la trace de ses aïeux. Hommes, femmes et enfants, on les achetait aux roitelets locaux, où à des trafiquants européens établis dans le pays, le temps d’y faire fortune. La monnaie d’échange était, au début, un coupon d’étoffe d’où le nom de "pièces d’Inde" que donnaient aux noirs les négriers. Plus tard, on les troqua contre des marchandises très diverses telles que, barres de fer, couteaux alcool, fusils, poudre et plomb.
On sait ce que furent la traite et l’esclavage. Les Noirs étaient raflés notamment sur la Gold coast Africaine où Louis Armstrong, lorsqu’il la visita put chercher la trace de ses aïeux. Hommes, femmes et enfants, on les achetait aux roitelets locaux, où à des trafiquants européens établis dans le pays, le temps d’y faire fortune. La monnaie d’échange était, au début, un coupon d’étoffe d’où le nom de "pièces d’Inde" que donnaient aux noirs les négriers. Plus tard, on les troqua contre des marchandises très diverses telles que, barres de fer, couteaux alcool, fusils, poudre et plomb.
Chaque race Africaine avait sa cote et sa spécialisation, exactement comme une espèce bovine ou chevaline. On trouve dans l’encyclopédie de Diderot et
d’Alembert, des listes de races d’esclaves, avec leurs caractéristiques au point de vue d’un emploi possible. Ainsi, en Caroline du Sud, on estimait surtout les Noirs de Gambie ; les
Sénégalais étaient préférés pour le service domestique : les colons anglais aimaient particulièrement les gens de la Côte de l’Or et peut être un ancêtre de Louis Armstrong se trouvait-il
dans le lot qu’acheta le Capitaine Smith.
Sur les bateaux qui traçaient le fameux triangle transportant d’Afrique en Amérique leur cargaison de bois
d’ébène et d’Amérique en Europe le sucre et le tabac, on entassait les Noirs par centaines, enchainés deux par deux à une barre, dans l’entrepont. On les occupait, écrit Maurice Garçon, à tresser
des petits cordages, mais surtout, pour les distraire, on les obligeait à danser. Il y avait à bord des tambours et des instruments indigènes et un matelot dirigeait l’orchestre, un solide
gourdin lui servant de baguette.
Une sélection naturelle s’opérait en cours de route ; les morts étaient immergés, les malades débarqués
aux Antilles ; ceux qui arrivaient sains et saufs en Amérique étaient les plus forts, donc les plus chers.
Au terme du voyage qui avait duré parfois plus de trois mois, ils étaient blanchis, c'est-à-dire mis au repos
et gavés, voire dopés à l’alcool. Puis on les exposait, pendant deux ou trois jours, sur les marchés où leurs acquéreurs éventuels avaient toute liberté de les examiner et de les palper comme
des animaux. Vendus, on les employait aux plus durs travaux : construction de digues de quais, assèchement du delta du Mississippi,
récolte du coton et de la canne à sucre. Rien ne leur appartenait en propre et leurs maîtres avaient sur eux droit de vie et de mort. Pour s’aider dans leur travail et oublier leur condition dans
leurs rares moments de loisir, il ne leur restait qu’une ressource : la musique. Aussi peut-on dire que le jazz est né de la transplantation forcée des Africains en Amérique.
des animaux. Vendus, on les employait aux plus durs travaux : construction de digues de quais, assèchement du delta du Mississippi,
récolte du coton et de la canne à sucre. Rien ne leur appartenait en propre et leurs maîtres avaient sur eux droit de vie et de mort. Pour s’aider dans leur travail et oublier leur condition dans
leurs rares moments de loisir, il ne leur restait qu’une ressource : la musique. Aussi peut-on dire que le jazz est né de la transplantation forcée des Africains en Amérique.
Des instruments de musique improvisés
La musique des esclaves était probablement très proche de celle que pratiquent encore aujourd’hui nombre de peuples africains: un chant simple, accompagné rythmiquement soit par de rudimentaires instruments de percussion tels que, bâtons, caisses, bouteilles, brocs, poêles, casseroles, soit le plus souvent par un simple battement des mains. Certains de ces chants n’étaient que des cris, analogues à ceux que lancent les voyageurs africains pour se faire reconnaître dans la brousse. La situation des esclaves d’Amérique n’était pas tellement différente de celle de ces voyageurs, lorsqu’ils travaillaient dans les champs de canne à sucre, dont les hautes tiges les empêchaient de voir leurs compagnons ; c’était pour garder contact entre eux, autant que pour rythmer leur effort, qu’ils lançaient un chant de travail comme Go Down Old Hannah demandant au soleil de se coucher et de ne plus se lever, pour que cesse le travail.
La musique des esclaves était probablement très proche de celle que pratiquent encore aujourd’hui nombre de peuples africains: un chant simple, accompagné rythmiquement soit par de rudimentaires instruments de percussion tels que, bâtons, caisses, bouteilles, brocs, poêles, casseroles, soit le plus souvent par un simple battement des mains. Certains de ces chants n’étaient que des cris, analogues à ceux que lancent les voyageurs africains pour se faire reconnaître dans la brousse. La situation des esclaves d’Amérique n’était pas tellement différente de celle de ces voyageurs, lorsqu’ils travaillaient dans les champs de canne à sucre, dont les hautes tiges les empêchaient de voir leurs compagnons ; c’était pour garder contact entre eux, autant que pour rythmer leur effort, qu’ils lançaient un chant de travail comme Go Down Old Hannah demandant au soleil de se coucher et de ne plus se lever, pour que cesse le travail.
Go down old hannah,Negro Prison Camp
Worksongs
Le soleil, après avoir doré leurs loisirs africains, était devenu pour eux une sorte d’horloge pointeuse. Il en
fut ainsi jusqu’après l’abolition de l’esclavage. Il y a une anecdote sur ce phénomène et c’est un fameux guitariste de blues Big Bill Broonzy (photo
ci-contre) témoin de cette histoire qui raconte qu’il était ouvrier laboureur dans une plantation, labourant des champs de blé et de coton et un beau jour, on engage un autre
homme pour l’aider. "A quelle heure commence le travail dit-il et à quelle heure on finit?" Big Bill lui répond: "On commence au lever du soleil et on termine au coucher du soleil".
Un soir, le soleil avait presque disparu et en même temps la lune montait. "Ton patron est trop malin pour moi
dit-il, regarde, ton patron descend un soleil et il en accroche un autre à la place". Sur ce, il laissa sa mule et sa charrue. Personne ne l'a plus jamais revu.
Big Bill Broonzy, Back Water Blues